Affichage des articles dont le libellé est Coups de coeur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Coups de coeur. Afficher tous les articles

vendredi 29 juin 2012

On n'est jamais trop jeune pour réfléchir

« Dans un futur pas si lointain, le Parti de la Liberté vient de remporter les élections françaises. Scènes de liesse dans les rues… et scènes de larmes et de terreur dans certaines maisons. Des familles font leurs bagages en toute hâte et s’en vont, avant qu’il ne soit trop tard. Très vite, de nouvelles lois sont promulguées, la discipline est renforcée dans les écoles, des caméras de surveillance sont installées un peu partout, et des « nuanciers » permettent à chacun de savoir à quelle catégorie il appartient, selon la couleur de sa peau… Le Parti qui promettait monts et merveilles durant la campagne dévoile son vrai visage, et ce n’est pas très reluisant. »

Voici le synopsis d’un roman de politique-fiction paru récemment. Vous demandez-vous pourquoi j’aborde le sujet sur ce blog consacré à la littérature jeunesse ? Eh bien parce que figurez-vous que ce roman-là est destiné à un jeune public et que les enfants dès 8 ou 9 ans s’y plongeront sans problème… De quoi entamer un riche débat intergénérationnel !

De la politique-fiction pour enfants ? Mais oui, et ce n’est pas un cas isolé. Est-ce le signe d’une inquiétude latente dans la société française actuelle ? En tout cas, ces romans se multiplient, proposant aux plus jeunes des pistes de réflexion quant aux choix citoyens et à leurs conséquences. Car comme le dit si justement Stéphane Hessel dans la préface du roman signalé ci-dessus : « il n’est jamais trop tôt pour s’engager » !

A découvrir aussi en espace Jeunesse :

vendredi 11 mai 2012

Un album à lire de toute urgence



Ils sont sans-papiers. Ils racontent leur (sur)vie, en France, cette terre d'accueil qui les a tant fait rêver, qu'ils aiment comme leur propre patrie, et qui pourtant les expulse, sans autre forme de procès.

Ils sont sans-papiers ; et nous, nous sommes sans mots, parce que cet album nous émeut si profondément qu'il nous laisse sans voix.

Un très, très bel album, à découvrir en secteur jeunesse, sous la cote J A RAS.

mardi 24 avril 2012

Une famille à adopter : "Quatre soeurs", de Malika Ferdjoukh

Non, ce n'est pas une nouveauté, et alors ? Quand on tombe sur une pépite, on a envie d'en faire profiter les autres, nouveauté ou pas !

Laissez-moi donc le plaisir de vous présenter la famille Verdelaine, soit : Fred et Lucie, les parents (décédés dans un accident de voiture mais encore bien présents sous forme de fantômes), et leurs 5 filles : Charlotte, dite Charlie, Geneviève, Bettina, Hortense et Enid. Tableau auquel, pour être juste, il faudrait aussi ajouter Ingrid et Roberto (les 2 chats de la maison), Swift la chauve-souris, Mycroft, l'ennemi juré de la famille, et Tante Lucrèce (dont je ne dirai rien, car "celle-là est une sorcière !").

Les aventures de cette famille un peu déjantée mais finalement pas tellement plus que la moyenne sont déclinées en 4 tomes, un pour chacune des filles (sauf Charlie, l'aînée, qui n'a pas droit à un tome à elle mais tient bien sa place dans tous les volumes). 4 tomes de pur plaisir, avec bien sûr, des chamailleries entre soeurs, des chagrins d'amour, des questions existentielles, en plus de tous les soucis quotidiens que peut rencontrer une bande d'orphelines vivant dans une grande et vieille maison au bord de l'océan.

C'est drôle, souvent ; c'est touchant, toujours. Et ça sonne tellement juste ! Bref, on arrive à la fin du 4ème tome en ayant l'impression de faire partie de la famille. Merci à Malika Ferdjoukh pour ces 700 et quelques pages de bonheur. Et pour les plus accrochés, qui décidément n'arrivent pas à quitter la famille Verdelaine, réjouissez-vous, la série est en cours d'adaptation en BD ! Le tome 1 (Enid) est déjà paru et c'est très réussi. Alors un conseil : jetez-vous sur cette petite série ! Une vraie pépite, je vous l'ai déjà dit ! Vous verrez, c'est bon pour le moral !

vendredi 23 mars 2012

Un peu d’humour dans ce monde de brutes !

Aujourd’hui, je tiens à vous faire découvrir ou redécouvrir l’auteur et illustrateur Gilles Bachelet.
Ce dernier a commencé en tant qu’illustrateur indépendant pour la presse, l'édition et la publicité. En 2001, il devient professeur à l’École Supérieure d’Art de Cambrai et réalise ses premiers albums.
Il reçoit le Prix Baobab en 2004 pour Mon chat le plus bête du monde. Cet album relate la vie quotidienne d’un éléphant qui se prend pour un chat, d’où des situations à la fois drôles et cocasses.
Dans un autre album intitulé Il n'y a pas d'autruches dans les contes de fées, Gilles Bachelet met en scène une autruche dans le rôle de différents personnages de contes classiques : « le petit autruchon rouge », « l’autruche au bois dormant »,… Nous sommes alors forcés de constater que ce n’est pas pour rien qu’il n’y a jamais eu d’autruches dans les contes de fées.  
En effet grâce à des illustrations et des légendes hilarantes voire caustiques le lecteur découvre que l’autruche est un animal ayant mauvais caractère, à l’appétit énorme et qui n’a jamais appris à voler.

Bref… des pages de pur bonheur à découvrir à la Médiathèque, au rayon humour pour la jeunesse.

samedi 10 mars 2012

Une collection haute en couleurs !

En voilà une collection bien pensée ! Pour tous les enfants qui ont déjà attrapé le virus de la lecture ou ceux qui aimeraient bien être contaminés, Thierry Magnier a créé cette collection qui porte bien son nom, "petite poche". Auteurs renommés, couleurs flashy, format carte postale, textes courts sur des thématiques variées et vraiment intéressantes, bref, tous les ingrédients d'une très bonne recette. Parmi une cinquantaine d'exemplaires présents dans nos romans pour les 8-12 ans, on pourra citer :

- M. Ollivier, Mange tes pâtes ! 
- J.-C. Mourlevat, L'homme à l'oreille coupée 
- J.-F.Chabas, Le père tire-bras 


La collection est actuellement mise en avant sur nos présentoirs, n'hésitez pas à vous servir !

mercredi 7 mars 2012

Un ami imaginaire

Le rêve de Léon, Agnès de Lestrade, Kumiko Yamamoto, tourbillon, 2005.

Tom est sage, il obéit à sa mère et obtient toujours de bonnes notes en classe. Il a beaucoup d’amis, une magnifique maison, un père footballeur professionnel, une mère attentionnée et un chien qui l’adore. Mais voilà… Tom n’existe que dans l’imaginaire d’un petit garçon nommé Léon.  Cet album marque un contraste a priori « comique » entre le texte qui transcrit les fabulations de Léon et les illustrations qui sont, elles, criantes de vérité. Pourtant, à travers les images, c’est un petit garçon de plus en plus solitaire et triste que l’on découvre. En effet, Léon est face à un univers scolaire, social et familial clos. Il se heurte à l’indifférence de ses parents, à l’absence de communication avec sa petite sœur, à l’absence également d’amis et de compagnons, ce qui se traduit par un désintérêt pour le travail.
Cet album, au récit court et aux pages cartonnées, traite d’une façon très émouvante le thème du mensonge et de la vérité psychologique. Léon se ment-il à lui-même ou cherche t-il à fuir cet univers en s’inventant un ami imaginaire ?


Vous trouverez cet ouvrage à la Médiathèque en secteur enfance dans les bacs albums « L ».

vendredi 24 février 2012

L'Histoire sans histoires !

Gros coup de coeur pour l'ouvrage de Kressmann Taylor, Inconnu à cette adresse, certes loin d'être une nouveauté, mais toujours indispensable pour quiconque veut comprendre la montée du nazisme et ses conséquences. Max et Martin sont deux amis américains, en 1933. Ils tiennent une galerie d'art ensemble, jusqu'à ce que Martin, Allemand, décide de retourner dans son pays d'origine. Max, juif non pratiquant, reste lui à San Fransisco. Les deux hommes, qui se considèrent comme des frères, entament alors une correspondance qui passe rapidement d'une banalité toute normale à une illustration criante de réalisme de la montée du nazisme. En seulement 6 mois et autant de lettres, Max et Martin passent de frères à ennemis ; l'incompréhension et la violence prennent de plus en plus de place, jusqu'à ce que Martin supplie Max de cesser de le contacter. Sa correspondance avec un juif met sa vie et celle de sa famille en danger. Max décide pourtant de continuer ; sa lettre du 3 mars 1934 lui revient avec la mention "inconnu à cette adresse"...
Court et précis, ce roman aura le mérite de réussir à captiver les lecteurs pour qui l'épaisseur d'un ouvrage est aussi rébarbative qu'un manuel d'histoire habituel. Et de viser juste, sans fioritures, en humanisant un phénomène que les formes d'étude habituelles peuvent involontairement banaliser. Un très bon support pour le travail de mémoire...

Kressmann Taylor, Inconnu à cette adresse, à retrouver en secteur jeunesse sous la cote J. R TAY !